jeudi 12 avril 2007

La violence à l'école

La catégorie de « violences scolaires », comme celle de « violences urbaines », comporte un grand flou et une part d’arbitraire : elle désigne des phénomènes qui sont hétérogènes et qui n’ont parfois aucune spécificité « scolaire », sinon de se produire dans l’espace de l’école.
Quelques chiffres:
- Avril 2001: 40% des parents sont pour la police à l'école.
- 285 « événements graves » survenus durant l'année scolaire 2005/2006.
- 771 infractions pour coups et blessures volontaires (CBV) ayant entraîné une incapacité de travail de plus de 8 jours et un homicide dans l'année scolaire 1993/1994. Ces CBV représentent 38 % de l'ensemble des infractions. Sur ces 771, la moitié seulement a été commise au sein des établissements et les trois quarts ont été réalisés sans arme (dans 4 % des cas, usage d'une arme à feu, dans env. 10 %, usage d'une arme blanche). Le racket scolaire représente près de la moitié des infractions, les attentats aux mœurs représentant les 12 % des infractions restantes .
Pour pallier à cette violence que la population pense grandissante même si elle a toujours existé et ne semble pas avoir connu une augmentation, les candidats offrent diverses propositions.
François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen s'accordent sur le fait de restaurer l'autorité du surveillant et du professeur dans les établissements scolaires. Les candidats FN et UMP veulent de plus tous deux "assurer la sécurité dans les établissements scolaires", mesure un peu vaste qui aurait besoin d'être éclaircie. Par quels moyens ces deux candidats espèrent-ils réussir là où beaucoup d'autres ont échoué?
F. Bayrou souhaite créer des établissements secondaires en internat vers lesquels seront redirigés les éléments les plus violents et où ils pourront bénéficier d'un encadrement privilégié. Ségolène Royal veut elle aussi créer des "internats scolaires". En outre, elle fait du renforcement de la présence des adultes une nécessité. Pour cela, elle sollicite la présence d'une assistante sociale à plein-temps, d'un deuxième adulte dans les classes si besoin est, ainsi que des surveillants recrutés avec soin. Elle espère généraliser les écoles de parents ainsi que les médiations familiales pour aider les parents à conforter leur autorité.
Enfin, Dominique Voynet veut inculquer aux élèves des notions de droit afin de leur faire comprendre que les règles existent et qu'elles ne sont pas là pour les brimer. Elle veut de plus, "légiferer sur le contenu des programmes télévises et des jeux vidéos en direction de la jeunesse pour exclure toute représentation de la violence gratuite comme solution à la résolution des conflits, entrainant par là une déformation de la réalité." Pour finir, elle veut créer un plan d'urgence pour la prévention en donnant plus de moyens à la justice des mineurs, aux juges des enfants, aux services sociaux...

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