jeudi 12 avril 2007

L'enseignement privé

Marie-George BUFFET : Un processus d’unification du privé et du public dans un service national unifié de l’enseignement sera engagé.

Jean-Marie LE PEN: L’égalité de traitement, entre enseignement public et privé sera instaurée.

Ségolène ROYALE : Prise en compte de la mixité sociale dans les écoles privées sous contrat pour les dotations financières.

Nicolas SARKOZY : Desserer les contraintes qui pèsent sur la répartition des effectifs entre le public et le privé, afin de permettre à tous les parents qui le souhaitent d'inscrire leurs enfants dans une école sous contrat.

Source: http://www.votons.info/2007/election-presidentielle/comparer/candidats-bayrou-buffet-le-pen-royal-sarkozy-voynet/43-35-33-10-9-34/theme-education-et-recherche/13

Notre avis
En ce qui concerne l'unification du public avec le privé, les idées sont partagées. Certains d'entre nous pensent que cette politique aboutirait à un compromis entre dépendance et indépendance financière vis-à-vis de l'Etat. En effet on pourrait imaginer un système consistant à partager les dépenses des écoles, collèges et lycées entre l'Education Nationale et le directeur de l'établissement. Il semble en effet impossible que l'Etat puisse prendre en charge la totalité des établissements de France, étant donné que les fonds destinés au public actuellement sont insuffisants. Au sujet des idées de Nicolas Sarkozy, cela pourrait entraîner une diminution massive des effectifs du public, ne laissant petit à petit que les plus défavorisés hors du privé, ce qui contribuerait à la naissance d'un système à peu près semblable aux ghettos américains. Les zones défavorisées avec les écoles publiques, et les quartiers plus aisés, avec les écoles privées.
D'autres, pour l'unification du privé et du public, pensent que cela est possible en débloquant des fonds utilisés dans des domaines moins utiles tels que l'armée (à la place de construire de nouveaux chars par exemple). De ce fait le public serait privilégié, les préjugés seront bannis et l'enseignement deviendra égalitaire entre les milieux sociaux différents.

Les méthodes d'enseignement

François Bayrou :
- Définir un socle de connaissances intangible : la langue, le calcul mental et le bagage culturel. De plus, tous les enfants qui entrent en sixième doivent savoir lire, écrire et compter.
- La maternelle doit se présenter comme un atout majeur dans l'apprentissage de la lecture.
- Instaurer des classes particulières pour les élèves en échec scolaire avec des professeurs spécialement formés quitte à les libérer d'une partie du programme.
Marie-George Buffet :
- Enrichir les contenus des programmes : introduire l'enseignement artistique dans les programmes de la maternelle à l'université, donner un place plus importante à l'éducation physique et sportive, à la culture scientifique et technique, à l'apprentissage des langues régionales.
Jean-Marie Le Pen :
- Respecter les rythmes de développement des élèves et aménager les rythmes scolaires.
- Donner plus de liberté aux établissements scolaires publics.
- Transmettre les savoirs de base : langue française, calcul, histoire.
- Promouvoir l'émulation et honorer le mérite.
- Revaloriser la fonction des maîtres et professeurs.
- Rétablir les cours de morale et d'instruction civique.
- Initier les élèves au Beau.
- Libérer l'école de l'Idéologie.
Ségolène Royal :
- Inscrire l'éducation artistique et la pratique artistique à tous les niveaux, de la maternelle à l'université.
- Apprendre la civilité aux enfants avec des programmes d'éducation au respect de l'autre pour enseigner aux enfants comment gérer les conflits par la parole plutôt que par la violence.
Nicolas Sarkozy :
- Garantir la liberté pédagogique des enseignements en les évaluant sur les résultats des élèves et non pas sur les méthodes utilisées.
Dominique Voynet :
-Développer les activités culturelles et créatives.
- Introduire la culture du débat et de recherche du consensus.
- Passer d'une logique de competition à une logique de coopération.
Notre avis
Les idées de Bayrou nous paraissent fort interessantes. L'idées de création de classes de rattrapage allégeant le programme pour se focaliser sur les matières fondamentales est brillante.
Par ailleurs, Ségolène Royal, Marie-George Buffet et Dominique Voynet desirent mettre en avant la culture artistique et la creativité en lui donnant une place plus importante dans le cursus scolaire, ce qui semble fort interressant. En effet, les artistiques peuvent être tres enrichissantes pour les élèves et leur permettre de s'evader, de découvrir de nouvelles passions ou encore de differer d'un certain côté académique que peut connaître le système éducatif français. De même, Marie-George Buffet annonce vouloir donner un place plus importante à l'education physique et sportive, et en effet, le sport connait beaucoup de vertus pour le corps mais aussi pour le cerveau. Et il est vrai qu'en France les élèves ne pratiquent pas tous assez d'activités sportives contrairement à certains pays tels que le Royaume-Uni ou les Etats Unis, ainsi en inscrivant le sport plus intensement dans le cadre de l'école les élèves pourraient y avoir acces plus facilement et plus souvent. De plus, un plus grand accès au sport pourraient permettre de réduire l'obésité chez les jeunes, problème qui ne cessent de s'accentuer depuis plusieurs années en France.
En ce qui concerne Jean-Marie Le Pen et Nicolas Sarkozy, ils semblent être assez vagues sur certains points concernant l'enseignement, bien que Le Pen exposent beaucoup d'idées concernant ce sujet qui peuvent paraître difficile à comprendre. En effet, Mr Le Pen annonce qu'il désire que les élèves soient initier au Beau mais le Beau semble une idée abstraite car ce qui peut plaire à une personne peut déplaire à une autre. Veut-il dire alors que l'on désignerait ce qui est beau pour tous? Ceci pourrait ainsi revenir à une forme de formatage de tous les élèves. De plus, lorsqu'il dit qu'il veut libérer l'école de l'Idéologie il semble parler d'idéologie socialiste, ce qui peut sembler contradictoire car en supprimant une idéologie on en instaure une autre.

La violence à l'école

La catégorie de « violences scolaires », comme celle de « violences urbaines », comporte un grand flou et une part d’arbitraire : elle désigne des phénomènes qui sont hétérogènes et qui n’ont parfois aucune spécificité « scolaire », sinon de se produire dans l’espace de l’école.
Quelques chiffres:
- Avril 2001: 40% des parents sont pour la police à l'école.
- 285 « événements graves » survenus durant l'année scolaire 2005/2006.
- 771 infractions pour coups et blessures volontaires (CBV) ayant entraîné une incapacité de travail de plus de 8 jours et un homicide dans l'année scolaire 1993/1994. Ces CBV représentent 38 % de l'ensemble des infractions. Sur ces 771, la moitié seulement a été commise au sein des établissements et les trois quarts ont été réalisés sans arme (dans 4 % des cas, usage d'une arme à feu, dans env. 10 %, usage d'une arme blanche). Le racket scolaire représente près de la moitié des infractions, les attentats aux mœurs représentant les 12 % des infractions restantes .
Pour pallier à cette violence que la population pense grandissante même si elle a toujours existé et ne semble pas avoir connu une augmentation, les candidats offrent diverses propositions.
François Bayrou, Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen s'accordent sur le fait de restaurer l'autorité du surveillant et du professeur dans les établissements scolaires. Les candidats FN et UMP veulent de plus tous deux "assurer la sécurité dans les établissements scolaires", mesure un peu vaste qui aurait besoin d'être éclaircie. Par quels moyens ces deux candidats espèrent-ils réussir là où beaucoup d'autres ont échoué?
F. Bayrou souhaite créer des établissements secondaires en internat vers lesquels seront redirigés les éléments les plus violents et où ils pourront bénéficier d'un encadrement privilégié. Ségolène Royal veut elle aussi créer des "internats scolaires". En outre, elle fait du renforcement de la présence des adultes une nécessité. Pour cela, elle sollicite la présence d'une assistante sociale à plein-temps, d'un deuxième adulte dans les classes si besoin est, ainsi que des surveillants recrutés avec soin. Elle espère généraliser les écoles de parents ainsi que les médiations familiales pour aider les parents à conforter leur autorité.
Enfin, Dominique Voynet veut inculquer aux élèves des notions de droit afin de leur faire comprendre que les règles existent et qu'elles ne sont pas là pour les brimer. Elle veut de plus, "légiferer sur le contenu des programmes télévises et des jeux vidéos en direction de la jeunesse pour exclure toute représentation de la violence gratuite comme solution à la résolution des conflits, entrainant par là une déformation de la réalité." Pour finir, elle veut créer un plan d'urgence pour la prévention en donnant plus de moyens à la justice des mineurs, aux juges des enfants, aux services sociaux...

Réformes de l'Education Nationale

Programme de François BAYROU :
- renforcer le suivi dès la maternelle pour que chaque enfant entrant au collège sache lire et écrire.
- multiplier les adultes responsables de la discipline dans les établissements
- établir un système d'élitisme dans tous les établissements scolaires avec la création de classes d'excellence
- augmenter le niveau des étudiants en universités, en fournissant plus de moyens financiers, afin d'atteindre le niveau scolaire des autres grandes puissances mondiales.

Programme de Marie-George Buffet
- étendre la scolarité obligatoire de 3 à 18 ans et encourager l'entrée à l'école à 2 ans.
- mise en place d'un système de programmation pluriannuelle augmentant à 7% du PIB le budget le l'Education Nationale.

Programme de Jean-Marie Le Pen
- démanteler la bureaucratie scolaire
- abrogation de la loi relative à "l'obligation scolaire"
- supprimer l'Institu National de la Recherche Pédagogique
- annuler l'obligation de mixité à l'école
- "libérer l'école de l'immigration"

Programme de Ségolène Royal
- améliorer la capacité de raction vis-à-vis des problèmes très précis en organisant des Etats généraux des enseignants.
- préparer un plan pluriannuel de recrutement des enseignants.
- préparer un plan pluriannuel de formation des enseignants

Programme de Nicolas Sarkozy
- rompre l'immobilisme du système scolaire
- augmenter le budget des universités
- acceuillir les enfants handicapés dans les établissements
- améliorer l'enseignement des langues étrangères
- durcir la discipline.

Programme de Dominique Voynet
- améliorer la connaissance de l'action d'enseigner chez les enseignants en cours d'apprentissage.
- éviter le recours aux aliments industriels dans les réfectoires.